Je salue l’ambition réformiste de cette déclaration de principe, comme je me réjouis de l’attachement qu’elle réaffirme à notre engagement européen et internationaliste. Attaché viscéralement à la laïcité, je ne peux qu’être heureux d’y voir reconnue la liberté absolue de conscience et la neutralité de l’Etat comme de l’école à ce sujet. Reste, un regret, l’absence de toute référence à 1848, année au combien importante dans l’Histoire du monde et de notre pays, année du Printemps des peuples en raison d’une vague de soulèvements révolutionnaires en Europe et bien sûr de l’abolition de l’esclavage. « Nulle terre française ne doit porter d’esclaves » (Victor Schoelcher). Année zéro aussi de la seconde république suite au renversement de la monarchie de Juillet. Année de la mise en place des ateliers nationaux et du suffrage universel bien qu’hélas exclusivement masculin et de la victoire des républicains modérés, cette date clé de notre histoire aurait pu à mon sens figurer dans notre déclaration de principe car nous sommes tout autant héritiers de 1789 que de 1848.

Jean-Michel Rosenfeld – 26 mai 2008