Les jeunes des quartiers redeviennent un problème de sécurité, tant pour la population que pour le pouvoir, et la seule réponse qui soit affichée, est encore le seul volet répressif. Certes, nous nous devons d’être vigilant et de répondre aux habitants en tenant compte du droit à la sécurité, c’est un principe républicain.

Pour autant, nous savons aussi, que lorsque les associations, les grands frères, l’animation, existent et sont soutenus nous sommes en mesure d’apporter des réponses et ainsi d’améliorer la sécurité de tous. Nous en avons apporté maintes fois la preuve et surtout entre 1997 et 2002.

La recrudescence des incivilités, la gêne qu’entraîne l’agitation de certains de nos jeunes, perturbent et inquiètent les habitants des quartiers les plus sensibles. Pour autant, nous devons être en mesure de redonner une place et reconnaître l’existence à part entière de cette population, et rééquilibrer prévention, et répression.

Les tensions actuelles ne sont pas exceptionnelles, mais reflètent la situation tendue existante. L’impact de cette crise grave ne peut qu’amplifier les phénomènes de tensions, et entrainent une recrudescence d’actes d’incivilités, de dégradations, et sont souvent le fait des plus jeunes de notre société.

Le non devenir, et/ou la non perception de leur avenir, pousse une partie de la jeunesse vers des réactions non contrôlées. Pour autant, il ne faut pas penser que cette catégorie de notre population n’aurait aucune conscience sociale et serait dépourvue de toute civilité citoyenne.

Ma connaissance de cette population, m’a permis de récupérer bien souvent la confiance et surtout de rétablir le dialogue. Quand la confiance est rétablie, et que le dialogue se réamorce, la parole libérée permet de mieux appréhender toute demande qui jusqu’à ce moment n’en était pas une et s’exprimait que par des réactions de rejet, de manque de confiance et entraînait son expression plus ou moins violente, par des actes qui inquiètent et insécurisent les autres catégories de notre population.

Les lois et décrets qui se succèdent, n’intègrent à aucun moment des propositions de prévention. Bien au contraire, le contenu, qui a bien des égards reflète des dérives populistes et met en danger les principes fondamentaux de notre république, ne font qu’aggraver le fossé et jette cette partie de notre jeunesse dans le désarroi et le rejet de leurs ainés.

Nous devons prendre en compte ce constat et envisager d’aider plus fortement les associations dites de prévention d’une part, et soutenir toute initiative de terrain proposée par les associations de quartiers, d’habitants ou de jeunes eux-mêmes. Nous devons l’affirmer haut et fort et intégrer d’une façon précise cet aspect dans notre programme.

ANDRE MOREAU, conseiller de quartier Plaine-Lagny