Ce dĂ©bat a eu lieu le 2 mai 2011 au bar “de l’amitiĂ© cafĂ©”. Le compte rendu a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par Hamidou Samake.
3 spécialistes de la question étaient invités pour ouvrir le débat sur le sujet pour cette question au coeur des préoccupations des habitants :
- Jean-Yves Le Bouillonnec, député du Val de Marne, 1er vice-président de Paris Métropole, Responsable des questions de logement pour le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, auteur d’un essai pour la Fondation Jean-Jaurès : Logement, le bien premier.
- Christian Ballerini, président de la CNL75 et administrateur de Paris-Habitat-OPH
- Sarah Coupechoux, chargée de mission – Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés
Après une prĂ©sentation du thème du dĂ©bat et des invitĂ©s par Jean-Michel Rosenfeld, le PrĂ©sident de VE20, le premier invitĂ© Ă prendre la parole fut Monsieur le dĂ©putĂ© Le Bouillonnec. Ce dernier est vite rentrĂ© dans le vif du sujet en indiquant d’entrĂ©e l’Ă©cueil Ă Ă©viter, Ă savoir que sur la question du logement la tendance gĂ©nĂ©rale (car facile peut-ĂŞtre) est de rester dans le domaine de la technique et de l’expertise. La question du logement est une question Ă©minemment politique et c’est en tant que telle qu’il faut l’aborder. La France, 5è puissance mondiale, n’a pas rĂ©glĂ© cette question du logement, du toit pour des millions de gens. La conquĂŞte d’un toit, a-t-il rappelĂ©, est une grande conquĂŞte de l’humanitĂ©. Monsieur Le Bouillonnec a ensuite dressĂ© un constat accablant de la situation du logement en France oĂą la situation s’aggrave, tous les indicateurs augmentent dans le mauvais sens: plus de demandeurs de logements, plus de sans abris, accès aux files d’attentes en très forte augmentation, accès Ă la propriĂ©tĂ© difficile, …Ensuite, l’intervenant a placĂ© la question du logement en rapport avec diffĂ©rentes problĂ©matiques: la situation sociale, la sĂ©grĂ©gation y compris la sĂ©grĂ©gation territoriale en insistant sur le fait qu’il existe beaucoup de territoires oĂą le problème de logement ne se pose pas. Face Ă cette situation, Monsieur le dĂ©putĂ© souligne que la revitalisation des territoires  qui reste une ardente nĂ©cessitĂ© commence par celle du logement. L’exemple de la RĂ©gion Ile de France a Ă©tĂ© citĂ©. Cette rĂ©gion, la deuxième en Europe, concentre plus de la moitiĂ© des problèmes de la France. L’obligation de 20 % de logements sociaux y est peu respectĂ©e et le logement du plus grand nombre reste un sujet brĂ»lant. La consĂ©quence en est que le système en place est sĂ©grĂ©gationniste avec une vĂ©tustĂ© des logements sociaux due Ă l’anciennetĂ© du patrimoine: seulement 3 logements sociaux sur 10 ont Ă©tĂ© construits après 1986! La question de la re-implantation se pose. Enfin, le dĂ©puté a abordĂ© le problème du logement privĂ© avec des loyers très chers et des files d’attente interminables. L’Ă©tat doit ĂŞtre le garant du droit au logement qui est, l’a rappelĂ© Monsieur le dĂ©putĂ©, un droit constitutionnel. Il faut donc une vraie volontĂ© politique, avec des bons choix budgĂ©taires.
Madame Coupechoux est ensuite intervenue pour souligner avec force et dĂ©termination les 4 mots d’ordre de la Fondation AbbĂ© Pierre. En premier lieu, produire et capter massivement sans dĂ©lai les logements. Cela doit se faire avec  des objectifs nationaux et un cadre financier stable, 2 % du PIB consacrĂ© au logement en mobilisant le parc privĂ© grâce au conventionnement et en amĂ©nageant la taxe sur le logement vacant pour la rendre plus efficace. En deuxième, maintenir les prix et rĂ©guler le marchĂ© avec un taux d’effort de 50 % des revenus des mĂ©nages pour assure leur logement. Le logement n’est pas un bien comme les autres et il faut l’assumer. La prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique doit aussi ĂŞtre prise en compte dans les propositions de textes de lois. En troisième, construire une ville de qualitĂ©, Ă©quitable et durable, Ă©videmment l’environnement, le vivre ensemble et la façon de construire son chez soi sont les Ă©lĂ©ments Ă prendre en compte notamment Ă travers la mise en place d’un plan ambitieux sur le sujet dans les banlieues. Enfin, il s’agit de combattre et prĂ©venir les facteurs d’inĂ©galitĂ© et d’exclusion en traitant l’habitat indigne, insalubre et indĂ©cent, en rĂ©habilitant les sites dĂ©gradĂ©s, en ciblant le logement Ă©tudiant mais aussi  en dĂ©veloppant les maisons relais et le travail de prĂ©vention des expulsions.
Monsieur Ballerini est ensuite intervenu sur diffĂ©rents points concernant le logement. Dans la campagne prĂ©sidentielle qui s’annonce, la question du logement sera certainement un point fort dans plein d’endroits notamment Ă Paris et les grandes agglomĂ©rations. La question du logement est une question idĂ©ologique par rapport justement Ă la politique du logement. La politique du logement social en cours est basĂ©e sur une communication qui martèle que “les HLM sont pour les pauvres”. Il faut souligner que 70 % des mĂ©nages peuvent accĂ©der au logement social. Il faut souligner le fait que les HLM ne remplissent pas leur mission sociale. Le logement social doit Ă cet effet redevenir quelque chose de valorisant. ll faut une politique d’amĂ©nagement avec comme objectif la rĂ©duction du temps de transport. Il rappelle Ă©galement quelques chiffres inquiĂ©tants : en Ile de France, 120 000 demandes de logements pour 12 000 offres. Et l’accès au parc privĂ© est d’autant plus difficile que le pouvoir d’achat baisse : 30 % des habitants de Paris-Habitat vivent sur du transfert de revenus.
Après ces exposĂ©s de grande qualitĂ©, il y eut une sĂ©rie de questions rĂ©ponses. Ces questions portaient sur les conditions d’Ă©ligibilitĂ© au logement social, la problĂ©matique des bassins de logement, les propositions de loi sur le logement, etc.… Les rĂ©ponses ont Ă©tĂ© apportĂ©es par les intervenants. Le mot de la fin est revenu Ă Madame la DĂ©putĂ©e George Pau-Langevin. Elle a saluĂ© les organisateurs, les participants et les intervenants qui ont traitĂ© avec brio la question du logement qui sera, Ă n’en pas douter, au cĹ“ur des problĂ©matiques de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle.



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